Aimé Césaire à Léopold Sédar Senghor

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Aimé Césaire à Léopold Sédar Senghor, deux amis, deux frères. Comme arme, ils employèrent le courant littéraire qu’ils nommèrent simplement la Négritude. Un courant littéraire, certes, et politique, bien sûr. Cela se passait à l’entre-deux-guerres. Le but en était simple : défendre les valeurs culturelles des peuples noirs.

Aujourd’hui, Barbara G Derivière, dans Correspondances, nous lit la lettre qui scelle cette amitié indéfectible :

” T’en souvient-il, Léopold, de ces fiévreuses années où dans le monde de l’avant-guerre, à l’âge où l’on se forme et l’on peut rêver sa vie, nos cœurs et nos esprits cherchaient à démêler les fils d’une histoire universelle où la page africaine restait vide, et où l’on déniait à l’homme noir le droit à l’humanisation ?

Nous avons alors vécu près de dix ans sans jamais nous quitter, échangeant nos réflexions, échangeant nos livres, nous disputant, concevant ensemble l’avenir que notre jeunesse nous promettait d’embraser par notre feu commun : la parole poétique. Avec toute sa valeur opératoire, avec son double visage de nostalgie et de prophétie, salvatrice, récupératrice de l’être, identificatrice de vie. Plus de six décennies nous séparent aujourd’hui de ces moments d’enthousiasme fondateur de nos œuvres respectives et de nos des- tins croisés.”

C’est en mai 1935 qu’Aimé Césaire, il a alors à peine 22 ans, emploie le mot de Négritude pour la première fois. Il le reprendra lors de la publication de Cahier d’un retour au pays natal. Nous sommes en 1939. Plus tard, c’est Senghor qui reprend le terme dans Chants sombres.

Léopold, tu restes pour moi le frère fondamental

Dans leur combat, ils ne sont pas seuls. Ils sont rejoints par Léon-Gontran Damas, un Guyanais. Il y aura également à leurs cotés, Jacques Rabemananjara ( Maroantsetra, Madagascar), Guy Tirolien ( Point-à-Pitre, Guadeloupe). Et également, Birago Diop ( Dakar, Sénégal) et René Depestreils ( Haïti). Ensemble, ils luttent contre l’assimilationniste et contre la ” Francité”, cette domination de la France sur ses colonies, territoires et départements d’Outre-mer.

Pour Senghor, l’Africain, « La négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture. »

Pour Aimé Césaire, le Martiniquais, le mot « négritude » risque de devenir une « notion de divisions » lorsqu’il n’est pas remis dans son contexte historique des années 1930 et 1940.

Léopold Sédar Senghor

Des idéaux qu’ils défendent toute leur vie durant

Au sortir de la guerre, Aimé Césaire se fera élire député dès 1945. Il restera à l’Assemblée nationale jusqu’en 2001. Il sera en même temps, maire de Fort-de-France ( Martinique)

Aimé Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique) et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Il fut poète, dramaturge, essayiste et biographe.

Léopold Sédar Senghor, né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal, et mort le 20 décembre 2001 à Verson, en France. Il un poète, écrivain, homme d’État français, puis sénégalais Il devint le premier président de la République du Sénégal (1960-1980).

 

Aimé Césaire à Léopold Sédar Senghor, un podcast de l’émission Correspondances, par Barbara G. Derivière sur Radio-Châteaubriant.

Musiques : Calisson et Lokua Kanza (Mutoto) / Oumou Sangaré (Moussolou) /  Fatoumata Diawara & Amine Bouhafa (Timbuktu Fasso)

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2 commentaires
  • Ce chant superbe de Fatouma Diawara s’écoule dans mes veines, éveille un effet inotrope positif sur mon palpitant, de la bonne hormone donc.

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